Kirsti Paakkanen
 
Interview de la femme qui sauva Marimekko de la disparition
(source : www.info-finlande.fr)
 


Kirsti Paakkanen est connue pour avoir sauvé de la faillite Marimekko, qui périclitait depuis la mort de sa fondatrice Armi Ratia, en 1979. Elle en est restée la directrice avisée jusqu'en 2008. Les extraits d'interview ci-dessous datent de quelques mois avant son retrait au profit de Mika Ihamuotila.
 

La réputation de Marimekko est plus grande que l'entreprise, affirme sa propriétaire et directrice générale Kirsti Paakkanen. Cela ne veut pas dire que l'entreprise n'aurait pas mérité sa renommée mondiale. Au contraire. Marimekko éveille les sentiments et réussit à donner d'elle une telle impression d'humanité que l'on commence à la prendre pour une personne. C'est maintenant, cinquante-deux ans après sa création, que Marimekko vit sa meilleure époque. En dépit de cela Paakkanen dit que rien n'est terminé.
 
Quand on parcourt les résultats de Marimekko, on est convaincu que l'entreprise se porte bien: "Les ventes de Marimekko connaissent une forte croissance. Le résultat du groupe est excellent. Le marché finlandais a dépassé toutes attentes et les exportations ont marché étonnamment bien malgré la situation économique. La valeur en Bourse de l'entreprise à presque doublé. Marimekko ne cesse d'améliorer son résultat…"
 
Économiquement, fonctionnellement et spirituellement Marimekko vit son époque la plus forte, confirme Kirsti Paakkanen.
 
Lorsque Kirsti Paakkanen acheta Marimekko, il y douze ans de cela, l'entreprise n'allait pas aussi bien. Un des ses mérites est d'avoir continuellement amélioré la rentabilité de la maison et dépassé les objectifs fixés pour les unités fonctionnelles. On a fortement développé l'élaboration de nouveaux produits, renforcé la position des stylistes et amélioré le marketing, allégé l'organisation et amélioré l'efficacité de l'activité et le contrôle de la qualité à tous les niveaux.
 
Je voulais créer un lieu de travail sûr. Nos employés ont toujours été fidèles et on ne part pas volontiers de chez nous pour aller ailleurs. Nous sommes forts: nous avons été capables de redonner à Marimekko sa place dans le monde et c'est très important, assure-t-elle.
 
Bien qu'aux yeux d'une personne étrangère, Kirsti Paakkanen incarne fortement Marimekko, elle-même parle en utilisant le nous collectif. On lui demande souvent, à elle qui, fidèle à ses habitudes, s'habille en noir et, au plus, en blanc et qui décore sa maison des mêmes couleurs, comment peut-elle travailler au milieu de motifs et de couleurs aussi puissants. Par ailleurs, on se demande aussi souvent si Marimekko ressemble à sa directrice. Marimekko est-elle comme Paakkanen ou Paakkanen est-elle née pour Marimekko ? On dit que la ressemblance se voit dans les valeurs et les attitudes. Marimekko et Paakkanen conviennent l'une à l'autre.
 
Le design avant tout
 
On a l'habitude de raconter à ceux qui ne connaissent pas Marimekko que la maison, fondée en 1951, est une grande entreprise finlandaise de design dans le secteur des textiles et de l'habillement. Elle conçoit, fabrique et commercialise en Finlande et à l'étranger des vêtements de haute tenue, des tissus d'ameublement et des accessoires d'habillement sous la marque Marimekko.
 
La source de son activité a été, depuis le début, la créativité. La fondatrice de Marimekko, Armi Ratia, disait que l'essence de Marimekko ne sont pas ses produits mais sa force de créativité d'où naissent des idées qui se matérialisent sous la forme de produits. Kirsti Paakkanen a élevé le design et la conception du produit au sommet de l'organisation que le reste de la maison soutient et sert.
 
Je considère que le devoir de Marimekko est d'entretenir la forme du design finlandais et de l'exporter. Le design doit faire apparaître l'excellence de la Finlande. La nature finlandaise n'existe nulle part ailleurs dans le monde et nulle part ailleurs ne peuvent naître, par exemple, des motifs imprimés comme chez nous.
 
Elle assure que Marimekko a les designers les plus brillants qui soient. Quand un nouveau styliste entre dans la maison, on examine avec lui les règles du jeu de Marimekko, les thèses fondamentales de Paakkanen, après quoi il a les mains libres. Ces thèses sont cristallisées dans les mots sentiments, respect, vérité, enthousiasme, récompense, esprit d'équipe, responsabilité globale et estime des autres.
 
Tous les designers ont si bien assimilé l'essence et l'esprit de Marimekko qu'il n'a jamais été nécessaire de rappeler les règles du jeu.
 
Ensoleiller le quotidien
 
La conception générale du management selon Kirsti Paakkanen a aussi soulevé de l'intérêt ailleurs qu'en Finlande. On a réalisé beaucoup d'études sur Marimekko, sur la philosophie de l'action et la fonctionnalité de Marimekko. Les entreprises ont aussi été intéressées par les résultats de la nouvelle pensée réalisée chez Marimekko en matière de marketing et d'organisation.
 
Le travail de Kirsti Paakkanen a aussi reçu de nombreuses marques de reconnaissance: on lui a accordé le titre élevé de "conseiller d'entreprise" qui, en Finlande, reconnaît les mérites d'un chef d'entreprise qui s'est particulièrement distingué dans son domaine, elle a été choisie comme Femme de l'année, Femme d'affaires de l'année et Chef d'entreprise de l'année. En 2001 l'École supérieure des arts décoratifs l'a nommée docteur honoris causa.
 
Paakkanen nous enseigne que Marimekko est un exemple -et elle agit elle-même comme tel. Enthousiaste, elle exige, améliore, assure, s'engage, cherche du nouveau, reconnaît la vérité et veille à ce que tout le monde sache dans quelle direction on se dirige. - L'essentiel est de respecter le client. L'être humain est toujours au premier plan. Nous continuons à agir selon le même principe qu'Armi Ratia, à savoir nous voulons produire de la joie et de la lumière, des produits de qualité pour ensoleiller le quotidiens des gens.
 
L'entreprise c'est la vie
 
Cette idée de Paakkanen que l'entreprise c'est la vie convient à la nature humaine de Marimekko. Elle dit souvent qu'il y a deux types de personnes: celles qui travaillent pour vivre et celles qui vivent pour le travail. Elle appartient à la seconde catégorie.
 
Marimekko a toujours connu une vie riche avec ses hauts et ses bas. Au cours des diverses périodes le succès a toujours dépendu du fait de savoir comment l'identité de l'entreprise, son activité et l'impression qu'on en tirait coïncidaient avec la réalité. Le monde n'est jamais prêt, il nécessite une adaptation continuelle. Lorsque Kirsti Paakkanen dit que "nous avons encore devant nous beaucoup de possibilités inutilisées", elle le répète immédiatement sous une autre forme: "rien n'est terminé".
 
Selon ma définition, le bonheur de ma vie c'est la gratitude. Je suis reconnaissante des moments et des questions que chaque jour apporte avec lui. Les jours sombres ont aussi leur importance car alors les autres jours n'en paraissent que plus brillants.
 
Les mots que Paakkanen utilise ne sont pas du verbiage. Équité, enthousiasme, soucis des autres, intuition, respect, connaissance, sentiments, positivité, force, gaieté et audace, c'est cela Paakkanen et Marimekko.
 
Tout le monde connaît Marimekko
 
La renommée de Marimekko a surpris Kirsti Paakkanen. - Les grandes masses connaissent étonnamment bien Marimekko, en Finlande bien sûr mais aussi à New York, à Tokyo ou à Madrid, dit-elle. -Marimekko jouit dans le monde d'une célébrité supérieure à ce que sa taille pourrait laisser supposer. En 2002 son chiffre d'affaires s'est soldé par près de 50 millions d'euros et elle employait 340 personnes.
 
- Nous conquérons le monde tranquillement. Nous avons grandi chaque année et ouvert des boutiques avec prudence. Nous tenons à notre ratio de capitaux propres et souhaitons l'entretenir. Nous progressons d'une manière raisonnable et sûre.
 
Nous avons 25 magasins de détail en Finlande et un à Stockholm, en Suède. Nous avons des filiales en Suède et en Allemagne, des agents commerciaux et des importateurs dans douze pays. Les exportations représentent une part d'environ 27 pour cent, nos principaux acheteurs sont la Suède, les États-Unis, l'Allemagne, le Japon, la Russie et la Norvège. Marimekko a aussi eu du succèes sur des marchés qui sont généralement plus tranquilles comme l'Australie, le Royaume-Uni et l'Espagne. Marimekko a environ 800 revendeurs un peu partout dans le monde.
 
Être Armi Ratia ou soi-même ?
 
Kirsti Paakkanen tient la fondatrice de Marimekko, Armi Ratia, en grande estime. - L'idée d'Armi Ratia reste géniale, reconnaît Paakkanen. - Lorsque je suis arrivée ici, j'ai longtemps réfléchi à mon rôle. Je me suis demandé comment je pourrais répondre à l'héritage d'Armi. Finalement il est apparu évident que je poursuivrai le travail et l'héritage spirituel d'Armi en étant moi-même. Je poursuivrai le magnifique travail qu'elle avait commencé mais je resterai moi-même.
La foi profonde en l'avenir, la liberté de création, la gaieté et la force s'alliaient déjà dans l'idée originale. Ratia avait constaté en 1978: Marimekko a d'abord été un tissu imprimé car c'est la possibilité qui était tout de suite à portée de la main. L'idée aurait pu très bien se matérialiser sous la forme de musique, de poème, d'architecture, pourquoi pas d'un pain nouveau, de textile, de meubles, de céramique, de verre, de bijoux, de voitures, de boutique de fleuriste, de glace à la crème ou de jouets. Il est bon de savoir cela, et de le garder à l'esprit quand on pense à la Marimekko de l'avenir, et du présent".
 
- Aux réunions du conseil d'administration on a l'habitude de beaucoup parler de chiffres. Je dis moi-même souvent que si l'on n'a rien d'autre à dire, il n'y aura bientôt plus que ces numéros, et ils ne suffisent pas à eux seuls.
 
Quand Paakkanen acheta Marimekko
 
On dit que la vie vous soutient. Paakkanen dit, elle, que c'est "la Finlande qui soutient Marimekko". Sans le support moral et économique qu'elle a reçu au fil des ans, Marimekko n'existerait pas aujourd'hui.
 
Inversement on peut dire aussi que Marimekko soutient la Finlande. - La Finlande est pour moi ce qu'il y a de mieux. Je suis si finlandaise que chez Marimekko on ne transige pas là-dessus, ajoute-t-elle avec passion. Il a bien fallu délocaliser une partie de la production à l'étranger mais, comme elle le commente avec un haussement d'épaules: "très peu".
 
Pour Paakkanen, le monde sans Marimekko serait terriblement vide. Tout ce qui vient du cœur allume le cœur, dit-elle en citant Socrate.
Lorsqu'elle acheta Marimekko, il y eut un instant d'émotion nationale. Elle se souvient de cet homme qui, après l'annonce de la nouvelle, lui téléphona pour s'épancher sur son épaule: il semblait à cet homme qu'on avait récupéré la Carélie.
 
Paakkanen est détendue, amicale et juste avec les autres. C'est peut-être pour cela qu'elle d'un abord facile. Un jour, dans la rue, un marginal lui lança après l'avoir reconnue, "Paakkanen t'es une chouette nana", ce à quoi elle répliqua "merci mais quel journal féminin lis-tu pour savoir ça?".
 
Il n'y a qu'un Marimekko
 
Selon Kirsti Paakkanen, les sentiments constituent la plus grande ressource naturelle du monde. Le devoir de Marimekko n'est pas de laisser les gens indifférents mais plutôt de les secouer au niveau des sentiments.
 
On ressent de la fierté envers Marimekko et les gens considèrent Marimekko comme leur bien, dans le genre "ça c'est à nous". Marimekko est le symbole du caractère finlandais. Si Marimekko n'existait pas, il manquerait quelque chose à l'identité nationale finlandaise.
 
Il n'y a pas d'autre Marimekko. Marimekko est comme le garçon ou la fille des voisins. Nous ne sommes au-dessus de personne, nous sommes comme des amis, des copains, et un copain cela ne se lâche pas.
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